La croisée des destins

 

Chapitre 6 : Arrivée au Montana

 

 

            “Les passagers son priés d’attacher leurs ceintures de sécurité, de redresser leurs sièges et d’éteindre leurs cigarettes ! Nous allons atterrir à l’aéroport Lincoln. Nous espérons que vous avez passé un voyage agréable et espérons vous revoir bientôt dans notre compagnie !”

 

            Deux semaines étaient passées, depuis l’accident mémorable du terrain de concours. Éclipse s’était finalement remis de cette journée et les marques avaient disparues, ne laissant de souvenir de cette cruelle épreuve que dans ma mémoire, et celle de mon étalon. Leslie s’était fait punir par son père et avait été disqualifiée de l’épreuve, pour brutalité envers un cheval. Mon père avait porté plainte contre les Cooper, qui avaient dû verser 10 000 Francs de dommage et intérêts.

 

            Là, Léa et moi, essayant d’oublié tout ça, nous étions tranquillement installée dans le Boeing 747, qui s’apprêtait à se poser en l’aéroport d’Helena. Je n’avais pas passé un voyage des plus paisibles. En effet, j’avais passé les trois quart du voyage, auprès d’Éclipse, qui n’appréciait pas du tout la balade. L’effet des calmants s’était vite estompé. Il s’était finalement apaisé, et somnolait tranquillement, à côté de Casiopée, qui ne se faisait pas plus de souci que ça.

 

            Léa, appuyée au hublot observait, avec intérêt, les vastes étendues verdoyantes, s’étendant à l’infinies, jusqu’aux hauts massifs montagneux qui s’élevaient, à l’horizon, contrastant avec le gris des villes, tandis que l’avion amorçant sa descente, perçait le plafond nuageux.

 

            Dix minutes plus tard, l’avion heurtait la piste américaine, dans un bruit sourd et parcourut le ruban de piste qui s’étalait devant lui. Quelques minutes plus tard, le bruit des réacteurs cessa. Les passagers commencèrent à se lever, rassemblant leurs affaires. Léa et moi, nous joignîmes à la foule des passagers et sortîmes de l’avion. Je fus surprise par la chaleur qui régnait à l’extérieur. Pourtant, il est vrai que les étés sont particulièrement chaud, dans cette partie du Montana. Scrutant la foule des yeux, j’aperçu mon oncle et ma tante, qui nous faisaient des grands signes.

 

            “- Viens ! lançai-je à Léa.

 

             - Et pour les chevaux ?

 

             - Ils les déchargeront après les bagages, normalement ! En tout cas, c’est ce que le responsable m’a expliqué ! Salut Oncle Carl, Salut Tante Hélène ! Je vous présente mon amie Léa ! ajoutai-je en les rejoignant !

 

             - Enchantée de faire ta connaissance, Léa ! Et je suis contente de te revoir, Cécilia ! Tu as tant changée depuis la dernière fois que nous t’avons vue ! remarqua sa tante.

 

             - Alors, comment ça marche, pour nos chevaux ? demandai-je à mon oncle.

 

             - L’homme chargé des animaux est un bon ami à moi, il m’a dit qu’il s’arrangerait pour les débarquer rapidement ! Rassure-toi ! Et pour vos bagages, c’est Tom, l’intendant du ranch qui s’en charge. Alors, pas trop fatiguée, toutes les deux ?

 

             - Oh non ! Moi, en tout cas, je suis en pleine forme. J’ai passée les trois-quart du voyage, avec Éclipse, tandis que Léa, elle, dormait comme un loir !” plaisantai-je.

 

* * * * *

 

            Il fallut attendre encore une demi-heure, avant que les portes de la soute ne s’ouvrent. Tom était revenu, avec nos bagages et les avait déposées dans le pick-up de mon oncle, tandis que j’attendais de récupérer mes équidés, qui avaient passé le voyage dans des “boîtes”, quasiment fermées. Les chevaux y avaient cependant plus d’espace que dans un van ou un camion, ce qui n’était pas plus mal, connaissant Éclipse. Les chevaux étaient enfermés par deux, ou trois, par “boîte”. Enfin, ils furent débarqués. Je me dépêchai d’en ouvrir la porte, et d’en sortir un Éclipse, particulièrement agité et inquiet, tandis que Léa sortait Casiopée.

 

            “- Ils sont à vous ces chevaux ? me demanda un des employés.

 

             - Oui ! Voilà les papiers ! lançai-je en lui tendant les carnets d’identité de mes chevaux.

 

             - Salut Georges ! Alors, pas trop de problèmes avec eux ? demanda mon oncle.

 

             - Euh, un peu avec le noir, mais sinon, dans l’ensemble, c’était tranquille, Carl !

 

             - Hum ! Ah, au fait, je te présente Cécilia, ma nièce, et son amie, Léa ! Elles viennent nous donner un coup de main pour les vacances !

 

             - Ok ! Alors les filles, vous avez un peu d’expérience avec les vaches ?

 

             - Euh, avec les chevaux oui, les vaches, non ! répondis-je.

 

             - Bah, vous apprendrez vite ! Bon, c’est bon Georges ? Tout est en ordre ?

 

             - Oui, c’est bon, vous pouvez y aller !

 

             - Ok ! Merci !”

 

            Sur ses mots, mon oncle me fit signe de le suivre. Ce que je fit, tenant soigneusement Éclipse qui observait, d’un air étonné, ce nouvel environnement.

 

* * * * *

 

            “- Tu as de magnifiques bêtes, Cécilia ! remarqua mon oncle.

 

             - Mon père en est très fier, excepté, peut-être, d’Éclipse. Il a très mauvais caractère.” expliquai-je.

 

            Nous étions dans le pick-up et roulions sur une petite route goudronnée. Je jetai, de temps en temps, un coup d’œil sur le van, dans lequel mes deux chevaux se tenaient tranquille.

 

            “- D’après ses papier, Éclipse serait le fils d’Orage ? continua mon oncle.

 

             - Euh, oui ! Le seul fils qu’elle ait eu, au haras ! Pourquoi ?

 

             - Oh, comme ça !” répondit mon oncle.

 

            Je perçus cependant, un léger trouble dans sa voix. Assis à l’avant, à côté de Tom, qui conduisait, il se retourna un moment vers moi.

 

            “- Les chevaux noirs, vraiment noir je veux dire, sont assez rares ! m’expliqua-t-il.

 

             - Oui, je le sais !

 

             - Et tu me dis qu’il a un caractère très fort, hein ?

 

             - Euh... oui ! répondis-je, me demandant bien où il voulait en venir. Il ne se laisse approcher, et monter, que par moi ! ajoutai-je, fièrement.

 

             - Hum ! Tu as toujours eu un don pour ses choses là, tout comme ta mère !”

 

            Il se tut. Je ne comprenais pas trop pourquoi il me disait ça. Enfin, je posais la question qui me tenais à cœur depuis longtemps.

 

            “- Au fait, oncle Carl, quelles sont les origines d’Orage ? Car elle était très sauvage, quand tu nous l’a donné !

 

             - Ah, Orage...! Alors, comment elle est, depuis le temps ?

 

             - Toujours aussi lunatique ! Elle a du caractère ! Avant, j’étais la seule à l’approcher, maintenant, mon père peut lui aussi s’en occuper, mais jusqu’à il y a six mois, elle ne laissait personne, autre que moi, l’approcher ! Mais tu n’as pas répondu à ma question.

 

             - Elle n’est pas née dans mon ranch !” répondit-il, perdu dans ses pensées.

 

            Ca ne m’avançait pas beaucoup, mais j’eu la nette impression que le sujet était clos, que mon oncle refusait d’en parler.

 

            Le voyage dura trois heures. Léa et moi observions le paysage, avec intérêt. On était passé de paysage de grande ville (Helena étant la capitale du Montana), à celui de grande plaines verdoyantes qui s’étendaient à perte de vue. Enfin, nous suivîmes un petit chemin de terre. Là, Tom ralentit, et parcourut lentement le sentier, jusqu’à une grande arche portant l’inscription “Ranch Thomas”. Mon oncle descendit et ouvrit le grand portail, en dessous de l’arche, et le referma, sitôt la voiture passée. Le véhicule poursuivit sa route sur le chemin de terre, encadré, à présent de hautes barrières en bois, délimitant de vastes prés. Tom arrêta le véhicule dans une vaste cour dallée. La maison était élégante. Vaste, elle formait un “L” autour de la cour. Le bâtiment, composé de deux étages, aux murs blanchis à la chaux, avait, à priori, était rénové dernièrement. Le toit d’ardoise étincelait sous les rayons obliques du soleil de 11h00. Les volets, peints en rouge, donnaient une touche de couleur. Des pots de fleurs étaient suspendus en dessous des fenêtres. Un petit puit occupait une partie de la cour. Une vieille femme sortit de la maison et surgit sur le perron de la porte, tandis que Tom sortait les valises du pick-up et les montait à l’étage.

 

            “- Bien, les filles, je vous présente, Maria ! lança mon oncle en nous désignant la vieille femme. Ne vous inquiétez pas, elle est très gentille. Je pense que vous préférez vous occuper d’abord de vos chevaux, n’est-ce pas ?

 

             - Oui, si ça ne vous dérange pas !

 

             - Pas du tout, Cécilia, c’est normal ! Charles, viens voir deux minutes, par ici !”

 

            Un garçon d’une quinzaine d’années, sortit d’un bâtiment, un peu plus loin et s’approcha. Grand et mince, le teint hâlé, les yeux verts et les cheveux châtains, un chapeau de cow-boy sur la tête, il portait une chemise à carreaux et un jean délavé, et mâchouillait un brin de paille, et qui n’était autre que mon cousin !

 

            “- Oui, p’pa ? Qu’est-ce qu’il y a ?

 

             - Je peux te confier ta cousine, et son amie ?

 

             - Ah ! Salut Cécilia, j’t’avais pas reconnut ! Comment vas-tu, cousine ?

 

             - Très bien ! Et toi ?

 

             - Oh, comme d’habitude !

 

             - Au fait, je te présente Léa, mon amie !

 

             - Bonjour Léa ! Enchanté de te connaître ! continua Charles. Alors, que veux-tu que je fasse, p’pa ?

 

             - Je voudrai que tu aide les filles à installer leurs chevaux, Casiopée et Éclipse. Vous n’aurez qu’à les lâcher dans les paddock. Après, tu leurs montrera leur chambre. Cet après-midi, nous leurs ferons visiter les lieux, ça vous va, les filles ?

 

             - D’accord !

 

             - Bon, je vous laisse ! Je dois aller vérifier quelques petites choses !”

 

            Sur ses mots, l’oncle Carl, partit en direction de la maison.

 

            J’allais enfin ouvrir le van. Mes chevaux hennirent doucement en m’apercevant, alors que j’ouvrai le portillon avant et me glissai devant leur tête. Léa m’imita.

 

            “- Charles, reste à l’écart, pour l’instant, lui conseillai-je. Je ne sais pas comment va réagir Éclipse. Léa, sors d’abord Casiopée, ça sera plus facile.

 

             - Pas de problème !”

 

            Léa détacha la jument, et fit sortir la jument à reculons. Celle-ci, habituée à ce genre d’exercice, s’exécuta docilement et sortit paisiblement du van. Je détachai alors mon étalon et, le poussant légèrement, le fit reculer, doucement. Mais, quand, il toucha la rampe, il hésita.

 

            “Allez, bonhomme, descend ! Après tu seras tranquille ! Allez bonhomme ! Après, tu pourras te défouler, mais pour ça, il faut que tu descendes !”

 

            Cédant, Éclipse finit par descendre, à reculons, la rampe. Il se cabra dès qu’il toucha le sol. Cramponnée au licol, je l’obligeai à se remettre d’aplomb. J’aperçut mon cousin, assis sur la margelle du puit. Son expression me surpris.

 

            Apercevant Éclipse, il écarquilla les yeux, et se leva s’un bond.

 

            “- Bon sang ! Je rêve ou c’est ....! s’exclama-t-il.

 

             - Je te présente Éclipse ! Là, il est un peu nerveux, mais, quand il se sera défoulé, ça ira mieux !

 

             - Ah... ! Bon... ! Suivez-moi, je vais vous montrez les paddock !”

 

            Tout en nous montrant le chemin, il se retournait régulièrement et adressait des regards troublés à Éclipse.

 

* * * * *

 

            “- Pourquoi êtes-vous si étonnés en voyant Éclipse ? demandai-je.

 

             - Euh... En fait, c’est une longue histoire !” expliqua Charles.

 

            Nous étions tous les trois assis sur la barrière du paddock et regardions Éclipse galoper le long de la clôture. Charles paraissait “hypnotisé” par l’animal.

 

            “- Quelles sont ses origines ? me demanda-t-il, au bout d’un moment.

 

             - Père : Tornade, et mère : Orage ! répondis-je.

 

             - Orage ? LA Orage ? Celle que mon père vous a vendue ?

 

             - Oui ! Pourquoi cette question ?

 

             -Oh, pour rien !”

 

            Vraiment, quelque chose n’allait pas du tout ! Ils me cachaient quelque chose, mais quoi ? Un long silence s’écoula.

 

            “Venez, il faut que je vous montre votre chambre !” lança mon cousin, au bout d’un moment.

 

* * * * *

 

            “- C’est vraiment agréable ici ! soupira Léa, enchanté, assise sur son lit. Je sens que je vais m’y plaire !

 

             - Moi aussi ! Mais, si j’en crois Charles, on passera la plupart de notre temps, dehors !” remarquai-je, accoudée à la fenêtre.

 

            Charles nous avait accompagnés jusqu’à notre chambre, au deuxième étage. La pièce, vaste était agréable. Sur les murs, peints à la chaux, étaient accrochés des tableaux représentants des chevaux. Deux lits, recouverts de couvre-lits en patchwork, étaient installés contre un mur. Sur les tables de chevet en gros bois, étaient posées des lampes à l’abat-jour, tissée à la main. Près de la porte, sur une petite table, un bouquet de fleur embaumait l’air de douces odeurs. Le parquet était recouvert d’un grand tapis qui, à priori, avait été aussi fait main. Un rocking-chair était rangé dans un coin, près d’une grande armoire rustique, où nous avions rangées nos affaires. Des rideaux de mousseline épaisse pendaient aux fenêtres. Le plafond, à nu, laissait apparaître, comme dans toutes les pièces de la maison, les poutres. En face des lits, une porte donnait sur une petite salle de bain agréable.

 

            Léa et moi avions pris une douche, et nous étions changées. Tandis que mon amie somnolait sur son lit, j’observai les environs. Notre chambre était bien placée. De là où j’étais, je pouvais voir les paddock où Éclipse et Casiopée se défoulaient. Je sifflai. Éclipse interrompit son galop et leva la tête, cherchant l’origine de ce sifflement. Casiopée, quand à elle, debout dans un coin du paddock, leva, elle aussi, la tête. Je souris. Mon regard s’attarda sur le grand pré qui s’étendait à perte de vue, derrière un bâtiment semblable à la maison, mais construit sur un seul étage. Les montagnes, qui s’élevaient un peu plus loin, me mettaient mal à l’aise. Pourtant, elles m’attiraient aussi, sans trop savoir pourquoi. Intrigué, je reportai mon regard sur Éclipse. Pourquoi ? Pourquoi mon oncle et mon cousin faisaient-ils tant de mystère, à propos des origines d’Orage et d’Éclipse ? J’étais bien décidée à répondre à cette question, avant notre départ, d’ici deux mois. Une sonnerie retentie. Charles nous avait expliquée qu’elle annonçait l’heure du repas.

 

            “- Allez, paresseuse ! lançai-je en secouant Léa. C’est l’heure de manger !

 

             - Manger ? j’arrive ! s’exclama-t-elle en se levant d’un bond et en se précipitant dans le couloir. Euh... C’est où la cuisine ?

 

             - Eh, réveille-toi ! rigolai-je. Charles nous l’a montré, tout à l’heure. C’est en bas !” ajoutai-je, en passant devant elle.

 

            Descendant le grand escalier en bois, à la rampe sculptée, la cuisine était la première porte à droite. La cuisine était une vaste pièce, accueillante. Une grande table en chêne occupait le centre de la pièce, et était entourée de banc. Dans un coin de la pièce, Maria préparait la cuisine sur un feu qui brûlait dans le foyer de la cheminée en pierre, placée dans un coin. Un évier, de grands buffets et autres meubles rustiques occupait tout un côté de la pièce. Une grande porte vitrée donnait accès à la coure.

 

            “- Ah ! Vous voilà, toutes les deux ! nous salua Maria, avec un grand sourire. Asseyez-vous ! Ici, on mange tous dans la cuisine. Mais ne vous en faites pas ! ajouta-t-elle en souriant, en voyant Léa jeter un regard au nombre de couverts placés sur la table. Il y aura suffisamment de plats pour tout le monde. Au fait, Tom me disait que dans deux jours, nous accueillerons une autre jeune fille, de votre âge. Son père étant un ami de ton oncle, Cécilia, Carl a accepté de la prendre.

 

             - Ah, d’accord !”

 

            Sur ce, Charles et ses parents arrivèrent à leur tour.

 

            “- Alors, comment trouvez-vous votre chambre ? nous demanda mon oncle.

 

             - Elle est très agréable, monsieur Thomas ! répondit Léa.

 

             - Appelle-moi, Carl ! remarqua mon oncle avec un sourire. Ici, on se passe de formalité !

 

             - Charles, tu n’aurais pas vu tes sœurs et ton frère ? s’étonna ma tante.

 

             - Non ! Mais, si tu veux, je vais les chercher ! Je pense savoir où ils sont ! proposa Charles. Cécilia, Léa, vous voulez venir avec moi. On va à l’écurie ! ajouta-t-il avec un sourire.

 

             - On peut y aller ? demandai-je, poliment à mon oncle.

 

             - Bien sûr ! Mais ne tardez pas trop, sinon ça va refroidir !

 

             - Merci !

 

             - Allez, venez, les filles !”

 

* * * * *

 

            “Bon, on va commencer par faire une halte aux écuries des poulinières ! nous expliqua Charles, une fois dehors. Caroline et Laura doivent y être.”

 

            Disant cela, il nous fit passer derrière la maison, et près des enclos où mes chevaux broutaient tranquillement. Derrière, s’étendaient de long bâtiments, eux aussi peint à la chaux, et entourés de barrières.

 

            “- Ici, les écuries sont clôturés car, vu l’étendue des plaines alentours, un cheval en fuite pourrait se volatiliser dans la nature ! nous appris Charles. En plus, avec les bêtes sauvages, on n’a pas envie d’avoir de visiteurs indésirables.

 

             - C’est normal ! Mais qu’est-ce que vous avez comme bêtes sauvages dans le coin ? demandai-je.

 

             - Euh...des coyotes, des loups, des chats sauvages, des chevaux,...!

 

             - Des chevaux ? m’étonnai-je, en chœur avec mon amie.

 

             - Euh... (il paraissait embarrassé)! En fait, se ne sont pas vraiment des bêtes sauvages ! Elles appartiennent à mon père, mais, se sont des mustang ou des jeunes, sans plus ! Bon, le bâtiment à gauche, c’est l’écurie des étalons ! Elle est interdite aux clients, mais, vous, vous pourrez y venir. Bien sûr, chaque box est rattaché à un enclos individuel, afin d’éviter les combats. Le bâtiment, à côté, c’est l’écurie des poulains et des jeunes à dresser, à droite, l’écurie des poulinières, et, à l’extrême droite, celle des chevaux de travail. On y installera vos chevaux, pendant votre séjour. Caro ! Laura ! A table !” cria-t-il.

 

            Aussitôt, deux fillettes d’une dizaine d’années, sortirent de l’avant-dernière écurie, celles des poulinières comme l’avait prévu mon cousin. Toutes deux, se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, normal, car elles étaient jumelles. Les mêmes longs cheveux châtains, les mêmes yeux verts, le même teint hâlé que leur frère, les mêmes grains de beauté.

 

            “- Bonjour ! nous saluèrent les deux fillettes en nous apercevant.

 

             - Je vous présente Cécilia, notre cousine, et Léa ! annonça Charles à ses deux sœurs. Cécilia, tu ne rappelle peut-être pas de Caro et Laura !

 

             - Si si ! Mais, elles avaient à peine cinq ans ! (Ils étaient venus nous voir, en Normandie, cinq ans plus tôt) Vous vous ressemblez toujours autant, toutes les deux ! ajoutai-je, à l’adresse de mes deux petites cousines.

 

             - C’est normal ! Ils sont à toi les deux chevaux ? demanda l’une d’elle, en désignant Casiopée et Éclipse.

 

             - Oui, ils sont à moi !

 

             - Le noir, il est beau ! Et je sais comment il s’appelle ! fanfaronna sa sœur, c’est...!

 

             - Tu n’en sais rien du tout, Caro ! la coupa Charles. Lui, c’est Éclipse, et la jument alezane, c’est Casiopée. Cécilia les a amenés de son haras, pour les vacances ! Mais on ferai bien de rentrer, avant que papa ne vienne voir ce qu’on fabrique ! Au fait, vous auriez pas vu Antoine ?

 

             - Si ! répondit Laura. Il est dans le corral, avec Calypso !

 

             - Ah, merci, du renseignement ! Rejoignez les parents à la maison et dites leurs qu’on les rejoins dans dix minutes ! ordonna Charles à ses deux sœurs.

 

             - D’accord ! A tout de suite ! lança Caroline à l’adresse des deux amies, avant de partir en courant, vers  la maison, suivie par sa sœur.

 

             - Bon, venez avec moi, toutes les deux !” ajouta Charles en se tournant vers Léa et moi.

 

            Il nous fit contourner les écuries et nous mena vers de vastes corrals.

 

            “Ces deux-là ! expliqua mon cousin en désignant deux d’entre eux, nous sert lors du marquage du bétail et des chevaux, ou quand on veut isoler une des bêtes du troupeau. Enfin, vous verrez comme ça fonctionne, d’ici une ou deux semaines. Les trois autres nous servent au dressage des chevaux.”

 

            Sur ces explications, il nous mena vers le dernier corral où un curieux spectacle s’offrait à nos yeux.

 

            “Calypso est une jument très caractérielle. Elle est très obstinée. nous appris mon cousin en se hissant en haut de la barrière. Vous pouvez monter ! ajouta-t-il en nous voyant hésiter. Mais là, on a raté le plus intéressant ! Mais, ne vous en faites pas, vous aurez d’autres occasion de voir le dressage des chevaux !”

 

            Je jetai un oeil au corral. Dans cette “arène” sablé, un cheval tacheté se tenait immobile au milieu, tremblant de tout son corps, une corde autour du cou, tandis qu’un jeune homme, les mains gantées, s’avançait progressivement, en lui faisant face, de l’animal, en raccourcissant, au fur et à mesure, la corde. Le cow-boy devait avoir une vingtaine d’année, mais excepté la différence d’âge, ressemblait à Charles. Finalement, il tendit une main vers le jeune cheval et le caressa. Il aperçut alors les trois adolescents perchés sur la barrière.

 

            “- Il y a un problème, Charles ? demanda-t-il, en venant vers nous.

 

             - On va passer à table ! expliqua simplement l’adolescent. On attend plus que toi !

 

             - De toute façon, j’avais fini ! Eh ! ajouta-t-il en me jetant un coup d’œil ! Salut Cécilia ! Comment vas-tu, depuis la dernière fois ?

 

             - Très bien, Antoine ! Au fait, je te présente Léa, mon amie !

 

             - Enchanté mademoiselle ! lança mon cousin en saluant galamment. Bon, je rentre Calypso et je vous rejoins à table, d’accord ?

 

             - Ah, au fait, Antoine, tu as vu les chevaux de Cécilia ? lança soudain Charles.

 

             - Non ! Mais P’pa m’en a parlé ! répondit négligemment Antoine en enlevant ses gants. Vous pouvez m’ouvrir la porte ?”

 

 

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